Michel Cymes : « Avantages et inconvénients des jeux vidéo sur la santé des ados »

Impacte des jeux vidéo sur la santé des ados

Des chercheurs ont montré que chez les joueurs aguerris de jeux vidéo, la plasticité du cerveau était valorisée. Sauf que passer trop de temps derrière la console n’a pas que du bon.

Les jeux vidéo, c’est bon pour le cerveau ! Je me doute bien que c’est un peu délicat de présenter les choses comme cela, quand on sait que des millions de parents sont en guerre contre leurs ados pour cause de temps illimité passé devant leurs consoles. Mais désolé, il y a un peu de ça !

Les porteurs de la bonne nouvelle, ce sont des neuro-scientifiques chinois et australiens qui ont épluché les cerveaux d’une trentaine de joueurs accomplis, c’est-à-dire des gamins qui ont remporté des titres nationaux ou régionaux (en e-sport). Ils les ont comparés avec les cerveaux d’autres gamins, eux aussi joueurs mais débutants – ils jouaient depuis moins d’un an.

Ils ont découvert que les joueurs aguerris avaient une bonne attention visuelle et une bonne coordination spatiale. En tout cas meilleures que leurs petits camarades. Leur matière grise est plus volumineuse.

Les différentes aires du cerveau communiquent mieux entre elles. Bref, la plasticité du cerveau (sa capacité à inventer de nouvelles connexions, à s’adapter à tout un tas de facteurs – qu’ils soient liés à l’environnement ou à l’expérience) semble valorisée chez les joueurs experts.

Je précise que ce n’est pas rien, car la plasticité est au cœur de l’apprentissage (et pas seulement de l’apprentissage réputé intello). Les tâches manuelles, dont on dit qu’elles ne sont pas sans noblesse, s’appuient sur la plasticité cérébrale. Cela dit, il n’y a pas que le cerveau dans la vie.

Impacte des jeux vidéo sur la santé des ados

Trois risques

S’il est vrai que les jeux vidéo peuvent avoir des avantages, ils présentent aussi pas mal d’inconvénients. Premier risque : l’addiction. Quand on est accroc on s’isole, on devient asocial, on se coupe des autres, on se prépare une vie compliquée.

Deuxième risque : l’obésité. Avec une console dans la main, on ne risque pas de sur-solliciter sa musculature. Je rappelle au passage que l’obésité n’est jamais seule, puisqu’elle ouvre sur la dépression, les maladies cardiovasculaires, le diabète…

Troisième risque : la banalisation de la violence. Je ne vois, en effet, pas beaucoup de jeux où il est question d’amour. Il y a beaucoup de treillis et de castagne au programme. Ça non plus ce n’est pas l’idéal quand on grandit.

Il en va des jeux vidéo comme de l’alimentation : tout est permis, mais dans des proportions raisonnables.

Publié le 02/04/2018 sur RTL.fr Par Michel Cymes