Domenech : « Le poker est beaucoup plus violent que le foot »

raymond domenech lors du winamax poker tour

Fan de poker depuis 10 ans, Raymond Domenech a récemment participé à la finale du Winamax Poker Tour. L’occasion de le rencontrer et de se rendre compte avec lui qu’un jeu de cartes peut être beaucoup plus violent qu’un match de football.

Raymond Domenech trouve le poker plus violent que le foot

Raymond, à quand remonte votre passion pour le poker ?
Je répète souvent que je suis comme un joueur de foot du dimanche après-midi. J’aime le poker, je me fais plaisir mais je sais que je n’ai pas le temps de travailler pour atteindre un niveau suffisant. Cela fait une bonne dizaine d’années que je navigue dans cet univers. J’avais commencé à l’occasion d’une émission où on me demandait de jouer une partie, avec Estelle (Denis) qui devait la commenter. On n’avait jamais joué au poker, ni l’un ni l’autre. Petit à petit, on a participé à des tournois.

Des pulsations à 170-180 sans bouger. Ce qui est quand même extraordinaire. Ce sont de vraies sensations de sportif
– Raymond Domenech

Faut-il parler d’un jeu ou d’un sport ?
J’adore les jeux de cartes et j’ai trouvé d’autres sensations dans le poker. Je peux le dire : c’est un sport ! On ne peut pas arriver fatigué à une partie car cela demande une concentration, je ne dirais pas extrême, mais il faut être bien focalisé sur les bons moments. La moindre erreur peut vous mettre en difficulté. C’est comme sur un terrain : on n’est pas toujours à fond mais quand on se lance dans un coup, il faut être à 100%. Je me suis rendu compte en prenant mes pulsations qu’il m’arrivait sur des coups, où j’engageais une partie de mon tapis, d’être à 170-180. Sans bouger ! Ce qui est quand même extraordinaire. Ce sont de vraies sensations de sportif.

Les sensations se rapprochent-elles de ce que l’on ressent sur un banc de touche ?
Sur un banc de touche, on peut bouger, crier, remettre des choses en place… Alors qu’au poker, on est assis et on n’a pas le droit de se lever, ni de faire diversion. On est réellement dépendant des cartes qui vont sortir, du jeu des autres en face que l’on ne connait pas. Alors que sur un terrain, on sait ce qu’il y a en face. On peut construire des choses et intervenir en sachant ce que l’adversaire fait ou propose. Au poker, tout est caché. On peut essayer de l’imaginer mais l’objectif de tous les joueurs est de rester cachés le plus longtemps possible.

raymond domenech lors du winamax poker tour

Peut-on préparer une partie de poker comme un match ? Où est-ce beaucoup plus aléatoire ?
Oui, on peut faire la même chose, avoir une manière d’être… Il y a des équipes ultra-offensives ou ultra-défensives. Au poker, on peut être exactement pareil, se dire qu’on a le temps, qu’on va patienter, tout fermer et ne jouer que des coups bien placés avec des cartes intéressantes. Ça peut tenir jusqu’à faire un gros contre, monter le tapis et s’assoir dessus pour vivre encore longtemps. C’est une stratégie, comme il en existe sur les coups particuliers, savoir comment on les joue en fonction de qui est en face. Mais c’est compliqué car on ne connait pas forcément tout le monde autour de la table. Les pros arrivent évidemment à se connaitre quand ils jouent entre eux. Ils savent leurs habitudes, leurs tics, leurs mimiques, leurs stratégies… Mais quand on fait des tournois comme moi, on arrive à table avec des gens que l’on ne connait pas. On les découvre au fur et à mesure de la partie en fonction des évènements et de leur jeu.

Avec un full dans les mains, on s’imagine qu’on a gagné et l’autre vous sort un full supérieur. On se décompose ! C’est différent d’une séance de penaltys sur un terrain où on peut quand même voir arriver les choses
– Raymond Domenech

Cette part d’inconnu, c’est la grande différence entre le poker et le foot ?
Quand on est entraîneur, on connait toutes les stratégies de l’adversaire et toutes ses possibilités. Si l’équipe en face fait entrer un nouveau joueur et modifie quelque chose sur le terrain, on l’a déjà anticipé. On sait les possibles et les impossibles avec ce qui est en train de se passer. C’est plus simple d’anticiper et de préparer les choses quand on est entraîneur que quand on joue au poker.

Est-ce plus frustrant de prendre un but en fin de prolongation ou de tirer une mauvaise carte après avoir fait tapis ?
Au poker, ça m’arrive rarement. Généralement, quand je vais au tapis, j’ai la main qui fait que je suis sûr de gagner. Sinon, j’ai laissé filer avant et c’est donc assez rare que je me retrouve aux penaltys. Ça m’est quand même arrivé une fois et c’est vrai que cela procure une drôle de sensation. Avec un full dans les mains, on s’imagine qu’on a gagné et l’autre vous sort un full supérieur. On se décompose ! C’est différent d’une séance de penaltys sur un terrain où on peut quand même voir arriver les choses. Au poker, ça tombe comme ça.

C’est donc beaucoup plus violent…
Bien sûr ! Tout arrive d’un coup alors qu’on n’imagine même pas que c’est possible. Il y a une carte sur tout un paquet qui peut vous battre et votre adversaire va tomber dessus. La probabilité est tellement faible et ça fait mal évidemment. Au foot, on sait que c’est 50-50 sur un penalty. On le marque ou on le rate. Pas au poker.

by Nicolas Puiravau @https://twitter.com/@nikop17
Source : www.fourfourtwo.com